Inspection : le Ford F-150 PowerBoost 2021 nous livre ses secrets

Publié le 9 mai 2021 dans Mécanique par Marc-André Gauthier

Voilà un véhicule qui était attendu! Baptisé PowerBoost, le Ford F-150 hybride amorce une nouvelle ère pour la catégorie de véhicules la plus vendue en Amérique du Nord, celle des camionnettes

Aveec une puissance de 430 chevaux et une consommation de carburant annoncée à moins de 10 L/100 km, ce premier Ford F-150 hybride ne manque pas d’arguments pour se faire valoir. Quand on le conduit, on est enchanté, mais mécaniquement, à quoi peut-on s’attendre? Pour en avoir le cœur net, l’équipe du Guide de l’auto l’a amené chez le mécano!

Une mécanique complexe

Quand on a ouvert le capot avec notre mécanicien Andy, celui-ci a laissé échapper un petit « oh boy! ». Le ton était donné.

La première chose que l’on remarque, c’est un système de refroidissement additionnel pour refroidir le système électrique.

Photo: Marc-André Gauthier

Il faut comprendre que Ford n’a pas réellement développé un nouveau moteur pour cette camionnette. On a littéralement pris le V6 biturbo de 3,5 litreset on lui a greffé un moteur électrique. On se retrouve ainsi avec une puissance combinée de 430 chevaux et 570 livres-pied de couple.

Malheureusement, le V6 de 3,5 litres n’est pas particulièrement apprécié par les mécaniciens. Il n’a pas une excellente réputation de fiabilité, et nombreux sont ceux qui ont recours à des dispositifs d’après-marché, notamment en ajoutant un catch can qui vient réduire le dépôt d’éléments contaminant dans le moteur. Pour la prochaine génération, Ford doit revoir son injection directe et la manière dont ses turbos recyclent les gaz d’échappement.

Si au moins on pouvait facilement travailler dessus, mais ce n’est pas le cas. Rien n’est accessible aisément et certaines réparations nécessitent même qu’on enlève la cabine… Ajoutez à ça un moteur électrique en parallèle, et c’est la fête, surtout quand on considère que travailler sur un moteur électrique requiert une formation précise.

Photo: Marc-André Gauthier

Ford a un moteur plutôt fiable dans son inventaire, le V8 de 5,0 litres, encore disponible sur le F-150. La compagnie aurait gagné à le choisir pour accompagner le moteur électrique. Mais comme il est plus énergivore que le 3,5 L, c’est sans doute pourquoi il n’est pas de la partie.

Une finition qui laisse à désirer

Un peu partout, Ford semble vouloir économiser, parfois un peu trop. Soulevez le capot, et constatez comment il n’y a à peu près pas de peinture...

Photo: Marc-André Gauthier

Sous le véhicule, remarquez les enrobages de fil peu robustes, situés à des endroits plutôt exposés.

Photo: Marc-André Gauthier

Un autre bel exemple, les écrous qui tiennent les roues en place. Ford utilise des écrous bas de gamme faits en deux morceaux. Or, le morceau interne rouille très vite , et finit par gonfler au point de poser problème à un technicien qui veut simplement enlever les roues.

Photo: Marc-André Gauthier

Pourquoi Ford s’acharne-t-il à employer des écrous comme ça, alors que la majorité de la concurrence y va pour des écrous « normaux »? Pour économiser! Andy nous explique qu’un écrou comme celui utilisé par Ford coûte environ 50% moins cher à fabriquer. Le constructeur a probablement calculé qu’il pourrait économiser quelques millions en fin de compte…

Sous le F-150 PowerBoost, on a remarqué qu’un boulon qui tient en place un élément du châssis était mal serré. Avec le temps, ça pourrait causer de sérieux problèmes à la voiture, et il est surprenant que notre véhicule ait passé l’inspection de l’usine ainsi…

Photo: Marc-André Gauthier

Sinon, notre modèle cobaye possède l’ensemble hors route de base, qui inclut une protection additionnelle sous la voiture. Malgré tout, certaines composantes demeurent un peu trop exposées, surtout quand elles font partie du système hybride.

Finalement, le Ford F-150 PowerBoost est assez similaire à un F-150 à essence. Même l’ajout d’une puissante génératrice dans la boîte, disponible uniquement sur la version hybride, ne change à peu près rien, si ce n’est que l’on retrouve quelques fils supplémentaires ici et là. Le principal défaut de cette camionnette est son V6 biturbo de 3,5 litres, un moteur plaisant, mais un cauchemar pour votre mécanicien.

Merci à Andy Elmaleh Mécanique de nous avoir reçus dans son atelier dans la région de Vaudreuil-Soulanges!

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