Jeep Wrangler Rubicon 2020 : pour les aventuriers…et tous les autres

Publié le 23 décembre 2019 dans Essais par Julien Amado

Le Jeep Wrangler occupe une place à part sur le marché des VUS. Bien qu’il se soit légèrement raffiné d’année en année, il fait partie des derniers véhicules 4x4, ceux qui sont réellement dédiés à la conduite hors route.

Les solutions techniques retenues lors de sa conception sont à l’opposé de celles de la majorité des véhicules vendus aujourd’hui. Carrosserie sur châssis, essieux rigides, gros débattements de suspension, portes démontables, pare-brise rabattable, tous les attributs d’un véhicule tout-terrain sont là.

Notre modèle d’essai Rubicon possède en plus, une barre antiroulis déconnectable à l’avant, des pneus typés hors route de 33 pouces, une suspension renforcée avec des amortisseurs à gaz et des emblèmes de capot « Rubicon » pour montrer à tout le monde que vous avez acheté le modèle de la gamme.

Et il faut reconnaître que notre modèle, paré d’une teinte « Mojito » plutôt voyante, vous fera remarquer à chaque coin de rue. Impossible de perdre son Jeep dans un stationnement rempli de Corolla beiges!

En plus de sa couleur criarde, notre modèle d’essai était équipé, entre autres, de l’ensemble Temps froid, de l’éclairage à DEL, d’un système multimédia plus évolué et de l’ensemble Sécurité. Sous le capot, on retrouve le fameux V6 Pentastar de 3,6 L associé à une boîte automatique à 8 rapports optionnelle (1 750 $).

En additionnant tous les équipements ajoutés, on arrive à la coquette somme de 65 525 $, ce qui n’est pas donné pour un Wrangler 2 portes, même en version Rubicon.

Des qualités et des défauts très marqués
Conduire un Jeep Wrangler est une expérience en soi. Oubliez la douceur et le confort de roulement d’un VUS moderne comme le Honda CR-V ou le Toyota RAV4. À bord du Rubicon, les sensations sont brutes, franches, et détonnent dans le paysage automobile actuel.

Les essieux rigides rendent le roulement instable et sautillant. C’est encore pire quand la route est bosselée. La direction, sans atteindre des sommets de précision, fait son travail correctement. Mais le guidage du train avant demeure flou, en particulier à cause des gros pneus typés hors route.

Et à haute vitesse sur l’autoroute, il faut sans cesse corriger sa trajectoire qui oscille de gauche à droite au gré des imperfections de l’asphalte. Si vous hésitez entre un modèle à deux ou à quatre portes, sachez que le modèle deux portes est plus maniable, mais nettement plus instable sur la route.

Photo: Julien Amado

Pour ne rien arranger, les bruits de vent sont omniprésents dans l’habitacle dès que l’on dépasse 70 km/h. Cette remarque est valable pour toutes les versions du Wrangler, et s’applique aussi à la camionnette Gladiator que nous avons essayée récemment.

Cela dit, il y a également de très bons points. Grâce à sa forme très carrée, la visibilité ¾ arrière est bonne, vraiment meilleure que celle de la majorité des VUS du marché. L’empattement réduit et le petit diamètre de braquage du Wrangler à deux portes permettent aussi de se stationner facilement.

L’autre force du Wrangler, c’est évidemment son rouage qui offre trois possibilités. En plus du classique levier de vitesses, on en trouve un deuxième à gauche du premier. Il est possible de rouler en propulsion (roues arrière motrices), en quatre roues motrices « gamme haute » - à haute ou basse vitesse -, et quatre roues motrices « gamme basse » qui permet de se sortir de situations difficiles quand on roule hors route.

Si vous souhaitez conduire votre Wrangler au quotidien, inutile d’acheter une pelle pour l’hiver. Il suffit d’enclencher le rouage à quatre roues motrices et d’accélérer un peu pour vous sortir de n’importe quel banc de neige.

Photo: Julien Amado

Performant mais gourmand
Équipé du moteur V6 de 3,6 L développant 285 chevaux et 260 livres-pied de couple, le Wrangler accélère avec vigueur et ses reprises sont convaincantes. Agréable, le 6 cylindres participe pleinement à l’agrément de conduite, d’autant plus que la transmission fonctionne bien dans l’ensemble.

En revanche, l’entrain du V6 se paye cher à la pompe. En ville, la consommation oscille entre 17 et 18 L/100 km et il est très difficile de descendre sous les 12 L/100 km de consommation moyenne.

Dans l’habitacle, la qualité de finition est bonne dans l’ensemble. Le système multimédia UConnect, qui figure dans beaucoup de produits Fiat-Chrysler, fait preuve du même brio que d’habitude. Intuitif et facile à utiliser, il profite aussi du fait que certaines commandes sont accessibles grâce à des boutons physiques sous l’écran.

Photo: Julien Amado

Au moment de s’asseoir dans le Wrangler, l’expression « monter dans une voiture » n’a jamais été aussi vraie. C’est un peu acrobatique (surtout quand le seuil de porte est mouillé) mais on s’y habitue rapidement. Une fois au volant, l’espace est suffisant pour les occupants assis à l’avant.

Dire que les sièges avant sont les meilleurs du marché serait mentir, mais leur confort demeure convenable.

C’est à l’arrière que les choses se compliquent. Après avoir avancé le siège du conducteur, vous être cogné la tête sur le toit et avoir coincé votre chaussure dans l’enrouleur de la ceinture de sécurité avant, vous pouvez enfin vous installer!

Photo: Julien Amado

Le dégagement pour la tête est bon, en revanche n’espérez pas parcourir des centaines de kilomètres une fois assis à ces places. L’espace est très limité pour les jambes et l’assise légèrement décalée vers le centre - à cause des grosses roues - rendront le voyage plutôt pénible.

En conclusion, faut-il acheter un Wrangler? Sa tenue de route hasardeuse sur l’asphalte, son moteur gourmand et son prix de vente élevé jouent contre lui. Ses capacités hors route sont excellentes, mais combien d’acheteurs vont pousser leur véhicule au maximum de ses capacités dans la boue ou la neige? Très peu.

Gardez à l’esprit que le Wrangler demande une certaine implication du conducteur , ce qui est de plus en plus rare. Mais ce n’est pas forcément un défaut, bien au contraire. La majorité des VUS à vocation routière sont tous plus aseptisés les uns que les autres. Si vous trouvez cette situation regrettable, pourquoi ne pas envisager l’achat d’un Wrangler? Il procure des émotions à son conducteur, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, et c’est ce qui le rend si attachant si vous êtes capable de vivre avec ses gros défauts.

En vidéo : Antoine Joubert et Gabriel Gélinas conduisent le Jeep Wrangler

Fiche d'évaluation
Modèle à l'essai Jeep Wrangler 2020
Version à l'essai JL Rubicon (2-portes) V6
Fourchette de prix 37 590 $ – 53 335 $
Prix du modèle à l'essai 65 525 $
Garantie de base n.d.
Garantie du groupe motopropulseur n.d.
Consommation (ville/route/observée) 12,8 / 10,4 / 13,1 L/100km
Options n.d.
Modèles concurrents Chevrolet Blazer, Ford Bronco, Ford Edge, GMC Acadia, Honda Passport, Hyundai Santa Fe, Nissan Murano, Subaru Outback, Toyota 4Runner
Points forts
  • Moteur performant
  • Commandes logiques et système multimédia intuitif
  • Compétences hors route sans équivalent
Points faibles
  • Confort de roulement très relatif
  • Stabilité perfectible sur l’asphalte
  • Moteur gourmand, surtout en ville
Fiche d'appréciation
Consommation 2.0/5 Le V6 Pentastar a soif dans le Wrangler, difficile de descendre sous les 12-13 L/100 km de moyenne.
Confort 2.0/5 Les sièges sont plutôt confortables, mais le roulement sec et cahoteux nuit au bien-être des occupants.
Performances 4.0/5 Les accélérations et les reprises sont convaincantes à bord du Wrangler.
Système multimédia 5.0/5 Facile à utiliser et intuitif, le système UConnect fait du bon travail, comme d’habitude.
Agrément de conduite 4.0/5 Très agréable et performant en hors route, le Rubicon est moins plaisant sur l’asphalte.
Appréciation générale 4.0/5 Le Wrangler est un véhicule attachant... si vous êtes prêt à vivre avec ses défauts.
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